Vernon Subutex

« Maman, c’est qui qui a colorié la dame ? »

Vernon Subutex

Je l’avais vu à la librairie, mais je ne l’avais pas approché. Parce que la couverture me faisait flipper moi aussi. Parce que je ne comprenais rien à la quatrième de couverture. Et parce que c’était Virginie Despentes (…de la croix-rousse), la dame qui avait écrit puis réalisé Baise-moi . Souvenir d’un film sorti en 2000 qui avait suscité la polémique tant au regard de son contenu qu’à l’annulation de son visa d’exploitation. Gardant cette image floue en tête, j’imaginais tomber sur un livre facile, vulgaire, violent pour « du beurre ».

Mais en fait pas du tout. Vernon Subutex, il vous prend aux tripes parce qu’il explore notre part la plus noire. La déchéance qui s’immisce sournoisement est décrite avec un réalisme glaçant et est prétexte à dépeindre notre société d’aujourd’hui. Dans son extrême, sans caricature. Angoissante, parfois drôle, très souvent sordide et pourtant avec une étincelle d’humanité. On ne peut que comprendre, s’identifier si on est honnête, en sourire…amèrement. Vernon Subutex, il remet les pendules à l’heure et il le fait franchement dans un style tranchant.

Le point de vue omniscient qu’utilise Dame Despentes fait l’effet d’un scanner où toute la palette des émotions, des plus sombres aux plus indicibles, apparaît. La plume s’ajuste aux personnages et c’est magistral.

On n’est pas censé donner son avis sur un livre qu’on n’a pas encore fini. Mais je l’aime tellement que je n’ai pas pu attendre pour vous dire tout ça. Alors voila, maintenant vous pouvez courir l’acheter, vous régaler de cette comédie humaine et vous réjouir qu’il s’agisse d’une trilogie.

Vernon Subutex de Virginie Despentes

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Juliette

Juliette

Une jeune hypocondriaque déprimée et un peu molle, un beau-frère plan-plan passionné par la confection de flans, une soeur en pleine crise de la quarantaine,  un petit ami qui élève un caneton appelé Norbert Magret et parle à une araignée… Camille Jourdy réussit une nouvelle fois à nous embarquer dans son monde où les personnages sont imparfaits et attachants, communs et pourtant exceptionnels. Avec ses vignettes faussement naïves et ses doubles pages dont les couleurs sont proches de celles d’un tableau du douanier Rousseau, elle aborde avec brio et humour la lourdeur du secret de famille. C’est tordant, beau, chaud et criant de justesse. J’adore. J’arracherais bien 2/3 pages pour les coller sur mon mur.

Juliette Camille Jourdy

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Libres enfants de Summerhill

« Le jour où l’on chercha à imposer l’enseignement obligatoire au Tibet, on se heurta à la résistance des femmes.

– Mais ils sont fous ces hommes, de vouloir enlever nos enfants pour les instruire à un âge où ils ont tant à apprendre. Instruire signifie imposer des idées qui ne sont pas celles des enfants. C’est une offense au droit de vivre de l’enfant. Dans une culture qui n’est pas notre culture occidentale, un enfant n’appartient pas à ses parents. La tradition veut qu’il soit donné dès sa naissance à l’Univers (qui est vie et mort) et le respect que les parents lui doivent est fait du même respect qu’ils doivent à leurs ancêtres.

– Tu peux, dit-on aux parents, donner aux enfants ton amour, mais non tes idées. Tu peux enfanter leur corps, mais non leur âme. Tu peux essayer de devenir comme eux, mais tu ne peux exiger qu’ils deviennent comme toi, car la vie est projet et non retour vers le passé.

Dans notre civilisation, l’enfant est encore trop souvent un bien dont on dispose et que l’on capitalise. »

« Les gens disent toujours : « Mais comment des enfants libres s’adapteront-ils jamais au côté fastidieux de la vie ? » « J’espère bien que ces enfants seront les pionniers de l’abolition de ce qui est fastidieux. » »

summerhill2

Des livres sur la psychologie de l’enfant ou l’éducation, j’en ai lu ; beaucoup trop. Certains ne m’ont rien apporté tellement des banalités étaient énoncées, d’autres m’ont donné des pistes et puis il y a eu celui-là. Un coup de poing.

Parce qu’il ne se prend pas pour le Dieu Tout Puissant de l’éducation. Parce qu’il parle de son expérience, comme dans un journal, ponctuée d’anecdotes, de ses faiblesses en toute simplicité et honnêteté. Alexander S. Neill, psychanalyste et contemporain de Maria Montessori,  parle de l’entière liberté qu’il laisse à ses élèves sans aucune obligation scolaire selon la règle « Chacun est libre de faire ce qu’il veut aussi longtemps qu’il n’empiète pas sur la liberté des autres »

Ce livre, je l’ai dévoré. Si j’avais dû l’annoter, il serait tout gribouillé. Alors bien sûr, il y a des propos tranchés qui datent un peu…Mais il faut le remettre dans son contexte, les années 60 et prendre du recul, notamment sur la portée culpabilisatrice de ces propos. Car tout le monde en prend pour son grade, les parents, le système scolaire classique, les éducateurs. Même si on n’est pas entièrement d’accord avec sa méthode et que son école a suscité la polémique, il nous envoie sans détour, en pleine tête, l’importance, l’urgence d’éduquer nos enfants de manière différente afin de ne pas en faire des individus manipulés et dociles dans une société où l’argent est la marque de succès.

Libres Enfants de Summerhill de A.S. Neill

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Nous ne serons jamais des héros

« J’ai pas de combat à mener contre mes vieux moi. On doit se battre contre soi-même et les certitudes dont on peut se convaincre. »

« Tu vois, nos parents nous disent qu’on peut choisir le métier qu’on veut, la vie qu’on veut veut, qu’on a la liberté totale mais tout ça, on sait pas quoi en foutre ! »

Cette Bd, c’est un voyage initiatique, celui d’un père qu’on croit à côté de la plaque et celui d’un fils qui se cherche dans une époque pleine de desillusions. Olivier Jouvray, avec ce superbe récit, décrit la quête existentielle de la nouvelle génération. Ni plus facile, ni plus dure…juste différente. A chaque génération son combat.

 Nous ne serons jamais des héros parle des conflits générationels, de la transmission et du sens de la vie.  Les dialogues sont percutants et cyniques. Je suis peut-être moins  sensible au coup de crayon de Frederick Salsedo qu’à la mise en couleur de Greg Salsedo qui épouse parfaitement l’ambiance du récit. Et le choix de quelques vignettes sur une page donne de la puissance au dialogue. Un road-movie générationnel dans l’air du temps.

Nous ne serons jamais des heros

Nous ne serons jamais des héros  Salsedo / Jouvray / Salsedo

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Rosalie Blum

Ils s’appellent Vincent Machot, Aude Cerceau et Rosalie Blum. Trois personnages paumés, un peu dépressifs et tellement attendrissants. Leur petite vie tranquille et triste va être bousculée par leur rencontre et ils vont finir par se rendre heureux. Une histoire qui commence mal et qui finit bien. Une histoire qui fait du bien et si bien dessinée. Un condensé d’émotions sublimées par les aquarelles de Camille Jourdy qui n’est pas sans rappeler le monde de Cati Baur. Je me suis laissée happer par l’ambiance poétique, tendre, ironique et rassurante, qui m’a profondément rappelé le graphisme de mes lectures de jeunesse. Et la couverture de l’intégrale (les trois tomes réunis) en fait un petit bijou qui prendra magnifiquement sa place dans ma bibliothèque.

Et pour couronner le tout, son nouveau roman graphique Juliette vient de sortir en février 2016. On en reparle très bientôt.

Rosalie Blum

Rosalie Blum – L’intégrale de Camille Jourdy (Fauve Révélation 2010 à Angoulême)

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Lire

Zai zai zai zai de Fabcaro

Zai zai zai zaiCa m’a donné envie de chanter, puis de rire, puis de pleurer, puis de rire puis de réflechir…Je ne connaissais pas Fabcaro, encore moins Zai zai zai zai et puis je me suis demandé comment j’ai pu passer à côté de ça. BD sous forme de road movie burlesque qui dépeint une société absurde mais qui finit par nous interpeller par sa forte ressemblance à la notre. Etonnant, loufoque, drôle, juste.

Pipi, les dents et au lit de Laetitia Cuvier

Pipi les dents et au lit

Je l’ai d’abord trouvé beau, je l’ai feuilleté, j’ai souri et je l’ai reposé sur l’étagère de la librairie pour continuer ma flânerie. Puis j’ai souri de nouveau en pensant à ce que je venais de lire et j’ai eu envie de le feuilleter de nouveau et cette fois j’ai eu un pincement au mon coeur tellement les mots que je lisais faisaient résonnance. Si j’avais su écrire des poèmes, j’aurais aimé écrire ceux-ci. Ils sont courts, justes, sans fioriture, directs, beaux et brutaux. Le quotidien d’une femme, mère, amante, épouse…Un petit trésor à lire, relire, prêter, offrir.

Martin Eden Aude Samama et Denis Lapiere

Martin Eden

BD adaptée du roman éponyme, suspecté d’autobiographique mais sans attestation de Jack London.  Je l’ai choisie parce que j’ai pensé à Hopper en voyant les magnifiques peintures d’Aude Samama. Des personnages esseulés et mélancoliques et une Amérique du début du siècle en pleine mutation sociale. Puis je me suis attachée à ce personnage, Martin Eden, qui, par amour pour une bourgeoise va découvrir la littérature et l’écriture qui l’amèneront vers un succès vertigineux. C’est un roman d’apprentissage, le livre d’une une ascension sociale fulgurante et glaçante qui aborde le thème de la littérature, l’art, le savoir. La culture est elle une fin ou un moyen ?

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Et puis un jour…

Et puis un jour, on finit par comprendre le vrai sens de « s’écouter ». Au début, on se dit qu’on a pas le temps, pas le choix, pas le droit. Puis on se rend compte que l’on ne sait pas trop comment faire, on se demande même si on a jamais su faire.  Et enfin, avec le temps, des premières envies apparaissent, fortement correlées à de vieilles injonctions mais c’est un début.

On m’avait dit que 2 mois ne suffiraient pas, qu’il faudrait 2 ans. J’avais ri, ou plutôt pleuré de rire…parce que je ne faisais pas grand chose sans pleurer.

Finalement il faut du temps pour les déterrer, les écouter et se débarrasser de ce carcan sociétal, scolaire, familial pour avoir de vraies envies, pures et complètement détachées de nos modèles qui nous ont construits. Je crois que c’est ça « se sentir vivant ». Je pensais qu’il s’agissait du rôle de la crise d’adolescence. Mais finalement quand l’adolescence est traversée tranquillement, une crise de la quarantaine, une crise de milieu de vie, un burn-out finissent par nous rattraper et nous rappeler l’importance de ne pas passer à côté de sa vie et que l’on peut choisir son chemin.

Et puis un jour, l’envie est assez forte pour qu’on ait envie de la tester.

Et puis un jour

 

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Take it easy

Pas sûre encore de savoir comment parler de cette foutue année 2015 !

D’ailleurs ce sont peut être mes résolutions de 2015 qui m’ont fait passer une année un peu…désordonnée. Je vais donc sagement m’abstenir et juste vous montrer comment on a commencé l’année : visiter Belfort sous la pluie le 2 janvier, lire des livres pour enfants et se persuader que c’est aussi pour les grands, faire une brioche des rois le 3 janvier et s’empiffrer (parce qu’on a arrêté le sucre le 1er et qu’on vient d’apprendre l’inconstance et la demi-mesure), jouer 3 accords de ukulélé et s’en satisfaire, sourire et s’accepter.

Allez, bonne année 2016 et take it easy !

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Love

Mon coeur pleure et ma tête n’arrête pas de penser aux familles ici et là-bas, au futur, à la cruauté de l’homme, à nos choix…Je me sens impuissante mais une chose est sûre, c’est que l’Amour je peux en donner. Alors je vais continuer. Mon dernier concert, deux jours avant. Ca ne sera pas le dernier.

Photo Paris

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Pétronille et ses 120 petits

Se rappeler qu’il n’y a pas d’âge pour la créativité !

Petronille

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